Au moment du rendez-vous, il faisait 5°C à Saint-Laurent du Var. Et malgré ce froid hivernal, une vingtaine de pratiquants a franchi la porte du dojo pour une journée articulée en deux temps avec un premier module proposé de 9h30 à 12h30, puis un second de 15h à 18h.
L’ambiance était simple, concentrée, presque solennelle… celle d’un rendez-vous où l’on vient pour travailler et non pour se montrer. Aux côtés des participants, les deux intervenants expérimentés qui n’étaient pas là « pour faire dans la complexité » : Stéphane Lecomte et le local de l’étape, Arnaud Juillart.
Leur volonté était claire : proposer un temps de formation dans le but d’« harmoniser les pratiques en fonction du référentiel fédéral ». Autrement dit, sortir les participants de leur pratique « locale et quotidienne » afin de créer une unité territoriale dans l’acte d’enseigner.
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La matinée a débuté par un apport théorique distillé par les intervenants. Le thème fédéral L’aïkido, c’est keiko, ainsi que la place du travail des armes dans la pratique furent au nombre des sujets abordés lors de ce temps d’échange.
Les deux formateurs ont profité de cette occasion pour insister sur la clarté des lignes, la distance, le timing et la structure. Tout ce qui fait qu’une technique est bien exécutée ! « Montrer une technique du début jusqu’à la fin » fut l’un des préceptes présentés lors de ce rendez-vous, où les participants étaient invités à redonner du sens à leur pratique.
Puis la pratique a pris le relais ! Avec un rappel simple mais essentiel : « Fluidité et unité du corps ». Une consigne qui fut répétée durant cette mise en situation tout en rappelant que l’enseignant reste un pratiquant, engagé physiquement, exemplaire dans son rôle de tori comme d’aïté.
Ce moment a révélé une ambiance studieuse, silencieuse, presque comme si la transmission se faisait par la pensée. Les mots à destination d’un groupe « réceptif » composé « plutôt de jeunes pratiquants » étaient choisis, pesés, utilisés avec retenue.
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En fin de matinée, les participants ont partagé leurs impressions, leurs astuces, mais aussi les difficultés rencontrées dans le quotidien des cours et notamment la question du « bavardage ». À cet effet, Arnaud a rappelé que le travail devait se faire par « la sensation et non l’oralité ».
A 15h sonna la reprise ! Un retour sur les tatamis qui fut marqué par l’intervention de Sandrine. Celle qui est membre du Comité d’éthique et de déontologie a rappelé les principes fondamentaux de la charte fédérale, l’importance de son affichage, le rôle de Signal Sports sans oublier la responsabilité des enseignants dans la prévention des violences. Un rappel clair, nécessaire, qui replace la pratique dans un cadre humain et responsable.
Les enseignants ont ensuite chacun proposé une ou deux techniques en faisant attention d’expliciter leur logique, leurs critères de mobilité ou encore leur vision du rôle d’aïté et de la juste intensité. Le travail au bokken, au jô ou au tanto a conclu une journée riche en échanges et en conseils.
Au terme de cette journée, les stagiaires devaient être en mesure de proposer par la suite des cours avec des axes précis tels que le travail à trois ou avec trois techniques. Comprendre, mieux enseigner et pratiquer plus juste furent ainsi les enseignements prodigués dans une École des Cadres fidèle à son ambition. À savoir, former, questionner, et nourrir la pratique de celles et ceux qui la transmettent.





