Publié le 29/09/19 par Geoffrey Desvaux

Robert Paturel : protéger l’art de la self-défense

Robert Paturel est aujourd’hui au club de Budokaï Laurentin pour un cours de self-défense avec les techniques du Krav Maga

Le passage de la boxe française au Budokaï est-il une continuité ?

 

Tout a commencé à mes 16 ans. Mes deux frères s’exerçaient à la boxe anglaise. Je vivais donc dans l’univers des gants et des sacs de frappe. Un jour, le club de boxe française était ouvert près de chez moi, j’ai donc tenté ma chance. Coups après coups, mes combats se sont enchaînés. Je comptabilise 103 matchs, 6 championnats de France et j’ai été champion d’Europe en 1984. Durant mon parcours, j’ai découvert de nouvelles voies. En 1976, je suis rentré dans la police. La maîtrise au sol est primordiale pour certaines interpellations. J’ai appris les différentes techniques en matière de défense. Le Budokaï additionne plusieurs disciplines, et c’est cette complémentarité qui me séduit. 

 

Durant votre carrière, vous avez toujours souhaité enseigner les techniques de combat, en quoi la transmission est-elle importante ?

 

Respect, courage et détermination. Les valeurs de ces sports doivent être transmises, elles forgent une personnalité. J’ai toujours aimé enseigner. J’apprécie d’être au contact des gens et de leur apporter mon expertise. La discussion fait partie de ma vie. En tant que portier de discothèque, j’ai dû gérer des situations tendues. Arrivé au RAID en 1988, mes expériences m’ont permis de devenir par la suite négociateur. L’enseignement de la self-défense est en forte demande. La petite criminalité court les rues. Il faut être capable de défendre sa famille. Il faut se comporter comme « un bonhomme ». Les gens se prennent en main. Je mets donc mes stagiaires en situation réelle. Je montre les techniques, puis c’est à eux de les réaliser. J’ai créé Boxe de rue en 2002. Ce programme démocratise la self-défense au grand public.

 

Vous avez travaillé dans plusieurs films, le 7e art doit-il respecter les arts martiaux ?

 

Je suis conseiller technique au cinéma. Le combat représente un savoir-faire, et bien combattre est un art. Pendant les entraînements, je gère les cascadeurs et les acteurs. Les scènes de combat sont millimétrées et répétées afin d’apporter une réalité à la fiction. Par exemple, dans La Môme, il y a une chorégraphie de boxe anglaise. Dans la Brigade du Tigre, j’ai aussi formé Edouard Baer au bâton. Au total, je suis intervenu dans neuf films. Dernièrement, j’ai participé à la mise en scène de Raid Dingue réalisé par Dany Boon. J’attends donc de nouvelles propositions pour travailler dans cet art. Je continue d’écrire mon histoire, notamment avec mes ouvrages. C’est encore un autre art. Avec Pascal Bitot-Panelli, ancien du service de protection de hautes sécurités, nous venons de réaliser « Guide du Kid ». C’est un kit de sécurité pour les adolescents. Que ce soit par les livres, les films ou les stages, je transmets mes connaissances aux passionnés d’arts martiaux.