©Photo Club Var-Mer
UN NOUVEAU PRÉSIDENT À LA BARRE DU CLUB VAR-MER
Un souffle nouveau dans les voiles de Var-Mer avec du changement au sein du bureau. Le club, ses projets, la crise sanitaire : rencontre avec Louis-Alexandre Castagnola

C'est un vieux loup de mer, happé par le large à l'âge de 27 ans. Happé d'abord par la lagune de Côte d'Ivoire où l'ingénieur en génie mécanique s'était alors établi. « C'est là-bas que j'ai fait mes armes, sur cet immense plan d'eau de 200 km de long », rembobine Louis-Alexandre Castagnola. Un attrait pour la grande bleue qui deviendra une passion pour la voile.

Un sport qu'il embrasse définitivement à son arrivée à Saint-Laurent-du-Var en 1988. Et qui le conduit naturellement aux portes du club Var-Mer. Pour y connaître le destin assez classique des bénévoles associatifs. "J'ai commencé à m'investir en accompagnant mon fils, en m'occupant de la logistique des régates". Trente ans plus tard, il se retrouve élu à la tête de la structure à la suite de la démission de l'ancienne présidente et du trésorier. Auxquels il tient immédiatement à rendre hommage pour leur "investissement et le travail formidable effectué".

Rencontre avec un président déterminé à voir Var-Mer voguer toujours davantage vers le plaisir et les succès. 

D'abord, faisons un peu mieux connaissance. Présentez-vous ? 

 « J’ai 66 ans, je suis à la retraite mais, avant cela, j'ai connu quatre métiers différents après des études en génie mécanique : chercheur en technologie du caoutchouc naturel, responsable logistique d'institut de recherche, conseiller en organisation dans les entreprises et enfin responsable qualité-sécurité-environnement dans une entreprise de construction en montagne. Je suis issu d'une famille niçoise depuis plusieurs générations.

Votre histoire avec la Voile ? 

Ma première rencontre avec la voile remonte à l’âge de 14 ans. J'ai fait de la voile scolaire à Antibes mais je n’en garde pas un bon souvenir. C’est une fois adulte que je me suis essayé à la planche à voile, au dériveur et au catamaran. Et puis, avec mon épouse, nous nous sommes lancés dans l'aventure du bateau habitable. Une aventure qui se prolonge aujourd’hui…

Et qui vous a fait prendre le cap, il y a quelques semaines, de la présidence du club ? 

Oui, cela fait six ans que je fais partie du bureau mais je dois avouer que je me suis retrouvé président « un peu par surprise » après la démission de l'ancienne présidente et du trésorier. C’est une fonction difficile à tenir, qui nécessite beaucoup de travail. Du coup, les équipes de direction tournent régulièrement avec un passage de relai. Je pense avoir été choisi parce que, en tant que retraité, je suis quelqu’un de disponible et parce que je connais bien le club.

La première chose que vous avez faite, une fois nommé ?

Aujourd’hui, nous sommes dans une phase de diagnostic. Nous regardons ce qui marche bien et ce qui peut être amélioré. Je m’appuie sur mon expérience professionnelle pour cela. 

Vous ne débarquez pas à la présidence par "mer calme" mais en pleine crise du coronavirus… 

Oui, ce n’est pas la période la plus simple. Le club a fait face à l’arrêt des activités. Nous avons trois salariés qui ont pu bénéficier du chômage partiel. Et puis la saison juillet-août est notre principale source de revenus avec toutes les questions encore en suspens. Heureusement, nous héritons d’une situation vraiment favorable. Le bureau précédent avait énormément travaillé, réussissant à trouver des subventions, à maintenir une trésorerie qui permet de passer cette période difficile. Ils ont consolidé le club et il faut les remercier pour ce travail remarquable.

Malgré tout, l’horizon se dégage, vous envisagez une reprise d’activités ?

Nous préparons le retour des adhérents en nous appuyant sur le protocole sanitaire de la Fédération française. Nous voulons le mettre en œuvre dans une première phase à l’école de voile. Cela implique un groupe de dix participants maximum, le port du masque obligatoire à terre et, sur le bateau, chercher à respecter la distanciation même si ce n’est pas toujours facile. Les vestiaires sont interdits et il est prévu la désinfection des bateaux, des poignées des toilettes... Les affiches sont prêtes, tout est prêt.

Dans une seconde phase, en pleine saison, nous appliquerons ce protocole pour les touristes. Enfin, en ce qui concerne les propriétaires de bateau, adhérents du club, ils doivent aussi respecter ce protocole.

Comment se porte Var-Mer ?

Nous avons une moyenne de 200 adhérents à l’année. Les finances, je vous l’ai dit, sont saines. Nous pouvons nous projeter vers l’avenir.

Maintenant que vous êtes à la barre, dans quelle direction voulez-vous mener le club ? 

J’aimerai faire grossir le club pour des questions d’autonomie. Cela permettrait d’avoir un meilleur fonctionnement, de se doter des moyens de libérer les bénévoles de certaines tâches administratives. Mon souhait, c’est aussi que l’école de voile soit la plus professionnelle possible. Cela implique d’améliorer la qualité des prestations, de renouveler le matériel et de le maintenir en bon état. Enfin, je pense qu’il faudrait que le club se concentre sur son métier de base : la voile légère pour tous. Assurer une sorte de service public aux enfants, aux écoles, collèges, lycées et aux gens. On ne peut pas tout faire, il faut d’abord consolider l’existant.

Quels sont vos leviers pour « faire grossir le club » ?

Pour grandir, il faut appuyer sur nos points forts : la convivialité et des tarifs attractifs. Ensuite, nous pouvons progresser par l’organisation de davantage de manifestations festives, par l’animation de micro-régates, mais aussi en proposant des bateaux agréables et en bon état. Et puis, nous devons accroître notre communication, nous faire davantage connaître.