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ÉRIC BORGHINI : " ON NE VEUT RIEN IMPOSER ET PEUT-ÊTRE QUE LES CLUBS AURONT D’AUTRES IDÉES "
Le président de la Ligue Méditerranée de football évoque les conséquences de la fin des championnats amateurs et se projette sur les prochains mois

Éric Borghini a connu une semaine bien remplie, malgré l’absence de compétitions régionales depuis la fin du mois d’octobre en raison du coronavirus. Mercredi, le président de la Ligue Méditerranée de football (LMF), réélu début novembre pour un deuxième mandat consécutif, a d’abord participé au Comité Exécutif de la Fédération française de football (FFF), qui a entériné la saison blanche pour tous les championnats amateurs, à l’exception du National 2 et de la D2 féminine qui restent seulement suspendus pour le moment ; puis samedi, il a enchaîné, en visioconférence, avec l’Assemblée Générale d’hiver du District de la Côte d’Azur le matin et celle, extraordinaire, du district de Grand Vaucluse l’après-midi. Entre les deux, Borghini a répondu à nos questions, histoire de se projeter sur les prochains mois.


- Quel regard portez-vous sur l’arrêt définitif des championnats régionaux et départementaux ?

Comme tous les amoureux du football, je suis triste, mais cette décision était devenue inéluctable au regard de la situation sanitaire. Cette décision donne de la visibilité aux clubs sur les prochains mois et nous allons pouvoir mettre toute notre énergie à bien préparer la saison prochaine.

- Une certaine forme d’incertitude existe toujours… Comment se projeter sur la saison prochaine ?

C’est vrai que l’incertitude sanitaire demeure, ça, c’est clair. Néanmoins, on espère que d’ici l’été, comme cela est annoncé par le gouvernement, grâce à la vaccination massive qui devrait enfin se concrétiser, et grâce aussi à l’été, qui permet aux gens de vivre à l’extérieur, la circulation du virus devrait être freinée. On peut donc espérer une reprise à peu près normale de la pratique du football  et des compétitions, même s’il faudra certainement toujours respecter des protocoles sanitaires.

- Quelles seront les conséquences de cette saison blanche ?
La saison blanche signifie que pour toutes les compétitions amateures, il n’y a aucune montée, aucune descente. La saison 2021-2022 va donc redémarrer avec les championnats à zéro et les mêmes équipes. Se pose cependant la question des championnats générationnels en jeunes. Si on veut être cohérent, on doit opérer un glissement générationnel des équipes. Concrètement, cela signifie que les 24 équipes engagées en U14 cette saison seront engagées en U15 pour la saison 2021-2022, les U15 en U16, les U16 en U17, les U17 en U18… Toutefois, avant de prendre cette décision, on va en discuter avec les clubs concernés. Et c’est pour cela qu’il y aura onze réunions par visioconférence d’ici fin avril.

- Cela ne sera pas aussi simple que cela, puisqu’il y a quand même des particularités, notamment en U14, en U20…

C’est vrai, puisque par exemple, le championnat U14 est accessible sur dossier. La saison blanche ne remet pas cela en cause, il y aura des dossiers de candidature, mais ce sera évidemment difficile de s’appuyer sur le critère sportif. On va donc proposer aux clubs, et ce sont eux qui décideront, d’élargir ce championnat U14 de 24 à 36 clubs pour être certain
de ne pas rater les meilleures équipes. Quitte à envisager une rétrogradation rapide des équipes qui ne seraient pas au niveau. Pour les championnats U16 et U18, qui permettent d’accéder aux championnats nationaux U17 et U19, on va être confronté à une problématique puisqu’il ne sera pas possible de répartir les équipes U15 et U17 dans les championnats Régional 1 et Régional 2 en U16 et U18. On va donc proposer d’organiser des championnats régionaux U16 et U18 en deux phases, à l’instar de ce qui se fait en U14 et en U20. Enfin, pour le championnat U20, on a pensé à repartir avec les mêmes équipes que cette saison. Mais il ne s’agit là que de propositions, et on discutera de tout cela avec les clubs. On ne veut rien imposer et peut-être que les clubs auront d’autres idées.

-  Vous avez démarré votre deuxième mandat à la tête de la Ligue. Quels seront vos chantiers prioritaires ?

Le premier concerne la fin de la saison actuelle. La saison blanche ne signifie pas que l’activité s’arrête. Malgré l’arrêt des compétitions depuis fin octobre, il y a de la vie dans nos clubs et je tire un grand coup de chapeau à tous les bénévoles qui se démènent pour maintenir une activité et proposer des animations malgré les contraintes sanitaires. J’espère
qu’en mai et en juin, les clubs pourront organiser des tournois, des stages, des matches amicaux, etc... pour donner envie à leurs licenciés de rester. Du côté de la Ligue, on va les accompagner du mieux possible. On va aider les clubs à l’animation des tournois, on va faire la promotion du football avec une tournée événementielle en mettant en avant le football loisir et l’arbitrage. Il y aura également des rendez- vous individuels avec les clubs en difficulté. Cela viendra en complément de l’aide fédérale (10 millions d’euros en dotations de matériel, ndlr). On va bien sûr continuer les formations des éducateurs, des dirigeants, etc... Enfin, on travaille sur l’harmonisation des réglementations entre la Ligue et les Districts;
et sur le plus long terme, il y aura le dossier du Campus de la Ligue qui nous tient énormément à coeur.