Clémence Eme : la vie de confinée d'une athlète de haut niveau


Photo Laurent Thareau
La judoka, pensionnnaire de l'INSEP, formée au Stade Laurentin Judo, suit le programme d'entrainement de son préparateur physique et relève les "défis judo" de ses copains du Sud

Ni Paris, ni Saint-Laurent-du-Var. Pour cette coupure, Clémence Eme, pensionnaire de l'INSEP et licenciée au club de Champigny, a fait ses valises pour embarquer vers la Normadie chez une de ses partenaires d'entrainement. "On est trois copines et on dispose d'un extérieur pour nous entrainer" explique l'enfant du Stade Laurentin Judo. Privée de tatami et de cette passion qui ponctue sa vie depuis toujours, Clémence ne baisse pas pour autant la garde. Elle poursuit, malgré le contexte, un intensif programme d'entrainement. "Mathias, le préparateur physique du club, nous envoie tous les lundis une nouvelle grille d'activités. On fait du fractionné avec, par exemple, 30 secondes d'activités cardio puis 30 secondes de muscu. On a aussi des exercices de 3 minutes à 90 % de VMA (vitesse maximale aérobie, ndlr). Il nous concocte une planification variée pour ne pas tomber dans l'ennui" poursuit celle qui monta notamment sur la 3e marche du podium aux championnats du monde Junior en 2017. La jeune sportive y trouve de quoi travailler le renforcement musculaire, le gainage et un rendez-vous WhatsApp intitulé : "le défi du vendredi matin".

L'objectif de ce travail quotidien est de maintenir le niveau physique. Quant à la pratique du judo lui-même, il manque forcément : "On fait bien des mouvements dans le vide, histoire de garder la forme du mouvement et la tonicité" souffle Clémence qui était, avant cette coupure sanitaire dans un pic de forme. "J'étais en pleine progression et ça m'a coupé l'herbe sous le pied". Car les semaines qui s'annonçaient étaient particulièrement exaltantes pour la jeune femme. "La semaine qui a suivi le début du confinement, nous devions, avec mon club, participer au championnat de France par équipes. Et comme nous sommes championnes d'Europe, nous étions favorites..." Il y avait aussi, pour la protégée du clan Allari, une sélection pour un tournoi international en Turquie. "C'était l'occasion pour moi de marquer des points auprès de la Fédération" glisse Clémence, qui garde les Jeux Olympiques de Paris de 2024 en ligne de mire. Malgré ce coup d'arrêt, la Laurentine reste optimiste : "la saison est loin d'être terminée. Les championnats de France se déroulent en fin d'année, au mois d'octobre, et j'espère bien être à nouveau sélectionnée pour un Grand prix en début d'année. J'ai hâte de voir comment j'ai progressé à l'international". 

En contact avec les copains du Sud

En attendant, sa vie de confinée est rythmée par de petits rituels. "Le matin, on fait notre préparation physique et l'après-midi est consacré aux études. Autour, on s'occupe comme on peut". En effet, en parallèle de sa vie de compétitrice, Clémence prépare deux examens : un diplôme d'Etat supérieur pour entrainer des athlètes de haut niveau et un Brevet professionnel Jeunesse et Sport pour devenir coach sportif en salle. 

Et, depuis la Normandie, Clémence garde le contact avec les copains du Sud, avec les copains du Stade Laurentin Judo. "Avec Christophe, sur Instagram, on se lance des petits défis judo", rigole-t-elle. "Avec Manu (Armanitano, entraineur au club laurentin), on parle au téléphone de judo et de ce qui va se passer pour la suite. Si je suis licenciée à Champigny, il reste mon entraineur ! Et puis, bien sûr, j'ai eu des nouvelles de Claire et José (Allari)".  

Loin des yeux, Clémence a toujours le coeur qui bat du côté de Saint-Laurent. Et Saint-Laurent reste son soutien numéro 1 dans sa marche vers le succès.

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